2010.09.03 Laïca, petite Haïtienne tant attendue, aujourd'hui heureuse écolière coudekerquoise

source : lavoixdunord.fr

Laïca, la petite Haïtienne qui était arrivée de Port-au-Prince le 27 janvier après le tremblement de terre quinze jours plus tôt, pour rejoindre sa maman adoptive à Coudekerque-Branche, a vécu sa première journée d'école. Avec bonheur.

PAR BENJAMIN CORMIER

dunkerque@lavoixdunord.fr

Un large sourire et pas une once d'appréhension dans le regard de Laïca. Il est 8 h 15, hier, lorsque la petite fille, l'air décidé, quitte le domicile de Coudekerque-Branche, la main collée à celle de sa maman. « Elle a vraiment hâte d'aller à l'école. Elle en parle depuis longtemps », confie Élisabeth Dehondt, sa maman adoptive, qui a choisi l'école des Kakernesches pour inscrire Laïca, qui soufflera ses quatre bougies fin octobre. « C'est pratique pour moi, ma soeur et mes parents habitent tout près. Vu que je travaille, ça va beaucoup m'aider. »

« J'ai chanté, dessiné »

Le seuil de l'école franchi, toujours pas de pleurs, et le même pas volontaire de la petite fille, qui est toutefois « chaperonnée ». Son cousin, Alexandre, 3 ans, est également scolarisé aux Kakernesches. Hier matin, c'est lui qui mène Laïca sous le regard attendri des mamans. Dans la classe de Madame Bruyche, celle des « petits-moyens », Laïca garde sa bonne humeur. Un bisou à maman et voilà la petite fille des jouets pleins les mains.

Pour Élisabeth, c'est un soulagement. « On craint toujours les pleurs, les cris… Mais ça ne m'étonne pas, elle fréquente la crèche depuis le mois d'avril, ça joue beaucoup. » La matinée passée, nous retrouvons Laïca, ravie de ses premières heures d'écolière. « J'ai mangé deux gâteaux, j'ai joué aux voitures, j'ai chanté aussi, j'ai dessiné maman », égrène la fillette dans un très bon français. À son arrivée, le 27 janvier, Laïca parlait encore créole. Ses progrès, depuis, ont été considérables. « D'une manière générale, elle a vite pris ses repères, avec moi, avec mes parents, ma soeur…, atteste Élisabeth. On a simplement dû éloigner Maddy (le chien) pendant trois semaines. Elle en avait peur.

» Sur le plan physique, la petite fille a également rattrapé son retard. « À trois ans, elle avait le gabarit d'un enfant d'un an, poursuit sa maman. Depuis, elle a pris 12 cm et 5 kilos et a fait de grands progrès de motricité. Tout va bien pour elle. » Si aujourd'hui Élisabeth est une maman comblée, l'angoisse n'est pourtant pas loin dans son esprit. Après l'annonce du tremblement de terre, le 13 janvier, de ce message terrifiant, « Port-au-Prince est détruit », celle qui avait tant bataillé pour adopter a traqué la moindre information concernant l'orphelinat, a vécu les retards dans l'arrivée de Laïca, dus à des soucis administratifs, s'est accrochée jusqu'au bout, jusqu'à l'atterrissage de l'avion transportant sa fille à Roissy, un soir, à 22 h. De l'histoire ancienne. Une autre a déjà commencé à s'écrire. Sur un cahier de petite écolière.


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