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2010.10.20 Le député Yves Nicolin en Haïti pour une reprise des adoptions

source : leprogres.fr

Pour quelle raison vous êtes vous rendu à Haïti ?
C'est le gouvernement français qui a demandé à l'Agence française de l'adoption, que je préside, d'intervenir pour encadrer une partie des adoptions qui sont interrompues depuis le séisme du 12 janvier. Il y a seulement celles qui étaient en cours qui vont à leur terme. Il y en avait un millier en cours et il n'en reste plus que 300 actuellement.

Est-ce que l'agence française de l'adoption y intervenait avant le séisme ?
Non, parce que le gouvernement français nous en dissuadait, notamment à cause de l'insécurité ambiante. Il y a régulièrement des enlèvements. Pendant mon séjour là-bas, un gendarme français m'accompagnait partout et une autre personne haïtienne gardait la maison la nuit. Là, il y aura des mesures pour sécuriser notre présence sur place et les adoptions. Et l'objet de ce séjour était de voir comment faciliter les procédures puisque jusqu'à présent, il fallait pour chaque adoption à Haïti 64 signatures locales ! Notre souhait est d'élever le niveau de rigueur. Il y a sur place une cinquantaine de « crèches », qui sont des orphelinats, et on en a identifié une vingtaine avec lesquelles on peut travailler en confiance. On sait qu'une adoption coûte de l'argent, mais on ne veut pas qu'il serve à des actions qui ne seraient pas avouables… On a déjà signé cinq protocoles pour fixer les règles. Et l'État haïtien est prêt à signer la convention internationale de La Haye qui porte sur l'adoption.

Comment se déroulaient les adoptions jusqu'à présent ?
Elles étaient gérées par les organismes agréés pour l'adoption (OAA) ou les adoptants individuellement. Il y a chaque année 600 à 800 adoptions par an en Haïti. C'est le pays où il y a le plus grand nombre d'adoptions par des familles françaises en raison de l'extrême pauvreté. Mais les demandes se situent majoritairement ailleurs, puisqu'il y a 2 277 demandes d'adoptions au Vietnam, 961 en Russie, 766 au Cambodge, 446 à Madagascar…

Combien y a-t-il d'adoptions par an au total ?
Il y a près de 3 000 adoptions par an, dont un petit tiers par l'agence française de l'adoption, un tiers par les organismes agréés, et le reste, ce sont des démarches individuelles.

Quand pensez-vous pouvoir débuter les premières adoptions ?
On est prêt à commencer début 2011, mais le gouvernement français n'envisage pour l'instant pas une reprise avant mi-2011. On va essayer de raccourcir ce délai, car la structure qu'on a mise en place à Haïti coûte cher. Le Canada a commencé à reprendre les adoptions et l'Italie s'apprête à le refaire, mais la France reste le pays qui y adopte le plus, car les Haïtiens parlent français.

Comment avez-vous trouvé le pays ?
On a l'impression qu'il sort d'une guerre. À peine 10 % des maisons écroulées ont été déblayées. La reconstruction n'est pas encore en route malgré l'élan exemplaire de solidarité internationale. On a le sentiment qu'elle prendra 10 à 20 ans.

Propos recueillis par

Kévin Triet

Une fondation pour financer des orphelinats
Depuis trois ans, Yves Nicolin travaille sur le projet d'une fondation pour financer des orphelinats. L'association SOS orphelinats du monde a donc été créée, et le premier projet doit voir le jour l'an prochain à Haïti et s'appellera Angel palace, pour remplacer celui qui est tombé lors du séisme. « On souhaite démarrer les travaux en fin d'année pour réaliser un orphelinat qui accueillera entre 50 et 70 enfants et qui pourrait ouvrir en avril. » Reste à trouver les financements puisque ce premier orphelinat coûtera 150 000 euros et d'autres sont amenés à suivre au Vietnam, au Mali… Pour cela, l'association compte exclusivement sur les dons et espère se faire connaître grâce à un comité de parrainage. « J'ai contacté Mme Perben, Elie Wiesel, Simone Weil, Marie Drucker, Marc-Olivier Fogiel, le cardinal Barbarin, on piste Bernadette Chirac », indique Yves Nicolin.


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