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2010.10.27 Ils demandent au gouvernement d'agir

(La Dépêche) Même si depuis le 10 octobre leurs enfants ont rejoint leur foyer, les époux Villedey n'oublient pas les 350 enfants qui restent en Haïti, alors qu'ils ont une famille en France.

Assis sur leurs petits vélos, ils passent comme des fusées, dans les cris et les rires. Grégoire Villedey les regarde. Et savoure ce simple instant de bonheur. Après trois ans et demi de procédure, ces deux petits Haïtiens ont enfin rejoint leur famille d'adoption. Depuis le 10 octobre. Pour autant, les époux Villedey n'en oublient pas « ceux qui attendent toujours leurs enfants ». Ils continuent donc leur combat avec le collectif pour le rapatriement des enfants en cours d'adoption en Haïti, qu'ils ont fondé avec d'autres familles. Hier, ils ont lancé un appel au gouvernement. En effet, 350 enfants adoptés ou en cours de l'être attendent toujours en Haïti de regagner la France. « Ils attendent alors qu'ils ont des parents », s'insurgent les époux Villedey. Or, là-bas, la situation devient dramatique, avec l'épidémie de choléra qui se propage.

Ils demandent donc deux choses au gouvernement français. Que les procédures soient plus rapides. Pour certaines familles, toujours en attente, elles ont débuté en 2006. Mais sur place, les défaillances de l'administration sont énormes. Surtout depuis le séisme. Mais pas uniquement du côté haïtien. Les époux Villedey dénoncent également les manques du côté français. « Aujourd'hui, le consul de Port-au-Prince est seul pour s'occuper du dossier des adoptions. Autrefois, il y avait deux temps plein. Un poste a été supprimé et l'autre personne est en formation. Cette situation, issue d'une volonté politique, freine les procédures », insistent-ils.

Pour eux, « des solutions juridiques peuvent être trouvées » pour accélérer les procédures tout en respectant « l'esprit d'adoption ». « C'est un problème de volonté », assurent-ils.

Seconde demande : que la France prépare un plan d'évacuation sanitaire des enfants, en cas de propagation de l'épidémie de choléra. « Là-bas, la situation est terrible. Si l'épidémie se propage à Port-au-Prince, il y aura des milliers de morts », estime Marguerite Villedey, qui revient de six semaines en Haïti et qui est encore bouleversée par ce qu'elle a vu là-bas. « Au moment du séisme, les autorités haïtiennes voulaient évacuer les enfants adoptés, c'est la France qui n'a pas voulu », rappellent-ils.

Le séisme. Un moment qui a marqué la vie de ce couple à tout jamais. Quelques jours après, ils prennent avec d'autres la tête d'une action pour rapatrier le plus rapidement possible les enfants en cours d'adoption. Des mois de combat. Soldés pour eux par une victoire, il y a peu par la venue de leurs deux enfants. « Les enfants parlent peu du séisme. En fait le plus traumatisant pour eux, c'était de voir les adultes désemparés. Il faut savoir qu'il y a toujours des gens qui préfèrent dormir dans une tente devant leur maison », explique Marguerite Villedey. Une fois, tous les enfants rentrés, les époux Villedey comptent bien continuer à s'investir dans d'autres combats. Pour Haïti mais aussi en faveur de l'adoption.

Un pays au bord de l'explosion

Pour pouvoir récupérer ses deux enfants, Marguerite Villedey est allée passer six semaines en Haïti. Elle dépeint une situation catastrophique. « Il y a des détritus plein les rues. Il n'y a plus de réseau sanitaire. Le centre-ville est un immense camp de tentes. Elles se touchent. La promiscuité est extrême. Il fait 30°dehors, 50 ° dessous. C'est un bouillon de culture extraordinaire », raconte-t-elle. En plus, l'insécurité règne dans les rues. « Je ne pouvais pas sortir sans un garde ». Et de conclure : « C'est un pays au bord de l'explosion ».

Le chiffre : 1 000

ENFANTS > ayant trouvé une famille. C'est le nombre qu'ils étaient à attendre leur venue à plus ou moins long terme en France quand le séisme a frappé. Près d'un an plus tard, il en reste encore 350 qui n'ont pas rejoint leurs familles.

« Les gens croient que le problème des enfants haïtiens adoptés est réglé. Mais, c'est faux ». Grégoire Villedey.


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