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2010.12.08 Adoption : « Il faut mieux préparer les parents »

(Ouest France) Le Conseil supérieur de l'adoption propose de réformer la procédure d'agrément pour mieux coller aux besoins des enfants. Avec, peut-être, une nouvelle réforme en vue.

Trente mille foyers titulaires d'un agrément pour adopter… Moins de quatre mille adoptions en 2009. Deux chiffres qui ne disent rien de l'attente des foyers ni de la solitude des enfants sans famille. Mais qui montrent clairement qu'un fossé se creuse.

Depuis 2005, le nombre des adoptions diminue. Dix mille nouvelles demandes d'agréments sont déposées chaque année. En 2005, une réforme promettait de relancer la machine. En 2008, le rapport Colombani traçait des pistes. Nadine Morano, secrétaire d'État, s'en était inspirée dans un projet de loi, finalement resté dans ses tiroirs.

À son tour, le Conseil supérieur de l'adoption (CSA) vient de formuler des propositions pour réformer la procédure d'agrément. « Parce qu'elle ne répond plus aux besoins des enfants », explique Geneviève Miral, présidente de la fédération Enfance et famille d'adoption. Membre du CSA, elle fait partie du groupe de travail qui a planché sur la question.

Les parents adoptants rêvent de bébés tout juste nés et en bonne santé. Mais, de plus en plus souvent, à l'étranger comme en France, les enfants adoptables sont âgés de quelques années et, parfois, frappés de handicaps ou de maladie. Pour Geneviève Miral, une relance des adoptions devra inclure ces enfants « à particularité ». Pour cela, « il faut que les familles soient préparées ». On n'accueille pas un garçon ou une fille de 8 ou 10 ans comme un nourrisson sans histoire.

Quatre demi-journées de formation

Le CSA suggère que les candidats suivent quatre demi-journées d'information avant de s'engager. Pour dénouer les complexités juridiques et administratives, savoir qui sont ces enfants qu'ils vont adopter, comprendre ce que signifiera être leurs parents. Aujourd'hui, une seule séance d'information est imposée aux candidats. Et, observe Geneviève Miral, « 20 % abandonnent après cette simple réunion ». La procédure d'agrément pourrait alors davantage servir à préparer les futurs parents qu'à contrôler leurs aptitudes.

Autre modification demandée : que l'agrément ne soit plus délivré par le président du conseil général, mais par la commission départementale d'agrément. Cette dernière comprend les travailleurs sociaux de l'Aide sociale à l'enfance qui instruisent les demandes. La plupart du temps, le président du conseil général suit son avis. Mais, pense-t-on à Enfance et familles d'adoption, les dossiers français auraient davantage de crédibilité si l'agrément était attribué par l'instance qui les connaît le mieux.


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