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2010.12.24 Haïti - ils arrivent et maintenant ?

(Ma-ville.com/Saint-Nazaire) En Loire-Atlantique, ils sont 14 enfants d'Haïti à pouvoir rejoindre leur famille cette semaine. Passée l'effervescence, des structures proposent un soutien médical et psychologique.

Ils ont été avertis, avant la presse, de ces 14 arrivées accélérées en provenance d'Haïti. Ce sont les trois médecins, un pédopsychiatre et deux pédiatres, de la Consultation d'orientation et de conseils en adoption (Coca) du CHU de Nantes. Du bilan de santé à l'aide au décodage des renseignements médicaux donnés à l'étranger, ces structures, dans chaque département, s'adressent aux enfants à leur arrivée. « Il nous arrive aussi de conseiller des médecins traitants qui nous appellent, par exemple, sur les bilans médicaux à pratiquer », explique Georges Picherot, chef du service pédiatrie au CHU de Nantes.

L'occasion, pour les médecins qui voient ces enfants, de détecter des troubles liés aux pays exotiques, mais aussi de dresser un « bilan de rattrapage : des maladies qui n'ont pas forcément été dépistées sur place. Normalement, avant que les enfants ne quittent leur pays d'origine, un bilan médical est toujours fait, parfois dans les ambassades. Là, je suppose qu'ils sont débordés. »

Un suivi psychologique proposé

La Coca de Nantes a déjà reçu une trentaine d'enfants haïtiens depuis le séisme de janvier : « Seulement 4 ou 5 ont nécessité des soins en urgence. Il ne faut pas dramatiser : dans la plupart des cas, ils se portent très bien. Et je sais qu'on va gérer ces arrivées. » Au-delà de la santé physique, il y a les éventuels troubles psychologiques : « Il y a un double problème avec Haïti : celui du traumatisme réel du séisme et des infections, mais aussi cette transplantation dans une nouvelle famille. » La Coca travaille en lien avec la cellule adoption du conseil général. Ici, un suivi psychologique est proposé à la demande des parents, ou sur conseil d'un travailleur social (1).

Troubles du sommeil, mutisme, prostration : autant de symptômes que certains enfants adoptés en Haïti ont pu présenter après le séisme, selon Françoise Vallée, psychologue au conseil général : « Ils arrivent dans une situation d'insécurité, ils ont perdu leurs repères, leurs nounous, et leurs parents restent des étrangers dans un premier temps. » D'autant que l'arrivée massive des enfants, cette semaine, pose question. « On s'interroge sur la préparation des enfants. Il y a quand même un déracinement assez brutal. »

L'arrivée en période de Noël est à double tranchant : « Cette effervescence peut ne pas être favorable. » Elle conseille aux parents d'être « très attentifs à tous les signaux d'alarme et ne pas hésiter à consulter. Il faut une grande disponibilité, physique et psychique, et suivre le rythme de l'enfant. » Car pour Françoise Vallée, pas question de dramatiser : « Pour les enfants que j'ai suivis, en quelques mois les choses se sont stabilisées. Les parents se sont apaisés. » Et maintenant ? « Les enfants sont là, il faut soutenir les parents. »


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