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2011.01.28 Adopté ou adoptant, des attentes bien différentes

(Ouest-France) Adopter un enfant, c'est parfois traverser de grands moments de solitude face aux problèmes rencontrés.En Loire-Atlantique, une association propose de venir en aide aux parents.

Questions à… Véronique Vivier, membre de l'Association de groupe de soutien à l'adoption (AGSA44), mère de 7 enfants dont 3 par adoption.

Pourquoi avoir créé cette association d'aide aux parents en difficulté ?

Il fallait sortir les parents de leur solitude. Les aider à comprendre les difficultés rencontrées. Les enfants adoptés sont souvent blessés. Ils ont du mal à se laisser aimer et à donner leur confiance. Les parents oublient souvent qu'entre l'adopté et l'adoptant l'approche est bien différente. Adopter est un choix réfléchi pour les parents, en revanche les enfants n'ont pas choisi de vivre cette situation.

De quoi les parents ont-ils besoin ?

Il leur faut du soutien. Nous voulons leur montrer qu'ils ne sont pas seuls face aux problèmes rencontrés. Nous les aidons à adapter leur attitude parentale, cela peut se faire avec le soutien d'un psychologue. Les parents doivent savoir que l'amour ne suffit pas toujours. La personne qui adopte est dans l'incompréhension quand elle n'arrive pas à entrer en relation avec son enfant. D'autre part, la manifestation chez le jeune adopté peut prendre plusieurs formes. Certains peuvent aller jusqu'à éviter le regard de leurs parents. D'autres montrent leur colère ou sont dans une adaptation stratégique, une forme de survie.

Que proposez-vous à travers cette association ?

Nous organisons des soirées à thème sur des sujets spécifiques comme par exemple le mensonge chez l'enfant adopté. Nous invitons des personnalités comme le Dr Chicoine, pédopsychiatre canadien, spécialiste de la théorie de l'attachement. Nous organisons également des groupes de parole composés de parents et toujours avec un psychologue qui accompagne après adoption. Nous proposons ces deux approches car nous savons que tout le monde n'est pas prêt à s'investir dans un groupe de parole. Il faut un certain courage mais cela permet de détecter des signes avant-coureurs souvent annonceur de difficultés à venir.

Comment cela se passe-t-il généralement ?

La période d'attente d'un enfant peut être assez longue, en moyenne de 4 ans. À ce stade, il n'est pas facile pour le futur parent d'entendre les difficultés qui pourraient intervenir plus tard. Ensuite, les premiers mois d'adoption sont souvent considérés comme la période rose, avec peu de conflits. Il faut éviter d'être dans une attente trop forte, c'est une question d'apprivoisement mutuel. On construit parfois une relation bien éloignée de ce que l'on avait imaginé. Pour moi l'échec est rare. Il y a toujours un espoir même si le lien est long à se créer.

Michel GODIN


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