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2011.03.07 «Je veux adopter, j'y tiens »

(La Dépêche) Les chiffres de l'adoption sont en baisse dans le département. Pour les pays étrangers, c'est un parcours du combattant dont Isabelle témoigne. Elle attend mais ne désarme pas malgré les obstacles.

Isabelle attend. Elle n'attend plus le mariage ou une liaison, mais la possibilité d'adopter un enfant. Il se fait attendre et ils n'y sont pour rien, lui comme elle ; les organismes d'aide n'ont d'ailleurs aucune part de responsabilité. « J'ai lancé la démarche, j'y tiens ». Première étape, l'agrément, obtenu après la procédure des entretiens par les services ad hoc du conseil général.

Elle fait son mea culpa. « À l'époque déjà, j'ai été sensibilisée sur les difficultés que je pouvais rencontrer sur le chemin. Je ne suis pas surprise mais cette période d'attente est longue ». Elle marche seule, n'ayant par exemple pas voulu rejoindre les rangs d'Enfance Famille Adoption en Lot-et-Garonne. « Je ne veux pas adopter sous la contrainte », réaffirme Isabelle (*), pour expliquer qu'elle a « choisi » - le terme est peu approprié - un pays loin de l'Europe occidentale et qu'elle assume ce choix définitif.

Case départ

« Pas question de changer de destination si vous me passez l'expression… » Le temps court, glisse sur cette femme qui avait une crainte, dépasser les limites d'âge. « Mais elles sont élastiques ». Le temps se rétrécit aussi, car l'adoption des moins de 3 ans est désormais difficile. « C'est aussi un choix que j'ai fait, auquel je ne veux pas déroger ».

Le temps, encore, risque malgré tout de la contraindre à repartir de là où elle est partie, de zéro. La règle est commune : un agrément est valable cinq ans. Au-delà de cette limite, retour à la case départ. « Je le ferais, car j'ai l'énergie pour le faire. J'imagine en revanche que d'autres peuvent s'affaisser, renoncer non pas devant la procédure mais à cause des délais ». Baisse des agréments

38 demandes d'agrément ont été déposées l'an dernier, six ont été retirés par les postulants, 25 ont été accordés. En couple ou seul, ils étaient 117 à être agréés en 2010, contre 150 en 2007. Hélène Martin est la correspondante de l'Agence Française de l’Adoption (AFA). Elle est l'une des interlocutrices des adoptants dans le département et constate que les agréments sont en baisse en Lot-et-Garonne. « Les candidats se renseignent de mieux en mieux ». Et ils constatent comme les organismes spécialisés dans l'adoption que des frontières se ferment « que des pays pourvoyeurs émergent d'un point de vue économique, et que la classe moyenne de ces pays est à même d'adopter ».

Constat aussi d'une augmentation de l'âge moyen des enfants à adopter, parfois rédhibitoire pour les parents ou les célibataires. Ce n'est pas le seul obstacle. « Il est de plus en plus souvent proposé des fratries, et des enfants handicapés mais les parents ont leur projet, s'y tiennent souvent ». Des journées d'information sont organisées au conseil général.

(*) Le prénom a été changé.

Des journées d'information sont organisées au conseil général.

16 adoptions

19 pays apparaissent sur la liste de l'adoption internationale dans le département depuis 2007. 53 enfants ont été adoptés dans les quatre dernières années (16 l'an dernier), dont 12 pour Haïti. Dans le cadre de l'opération menée par le ministre des Affaires étrangères visant à rapatrier les enfants pour lesquels la procédure était engagée, un jeune Haïtien est arrivé en décembre dernier en Lot-et-Garonne. Entre 2007 et 2010, six pupilles de l'État adoptés.


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