2011.03.14 Haïti: Combien d'enfants rapatriés ?

(L'Union) Difficile même plus d'un an après le séisme de ne pas se perdre dans les chiffres. Combien d'enfants haïtiens ont été rapatriés en France à la suite de ce terrible événement du 12 janvier 2010. Les chiffres qui sont émis sont plus que divergents.

Dès le 20 janvier 2011, pour la secrétaire d'Etat Nadine Morano, « 23 enfants haïtiens avaient un dossier d'adoption complet ». Pour 130 enfants, il y avait un flou. Très peu de temps après, Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice UMP des Français établis hors de France, s'était dit « étonnée des chiffres ». Elle évoquait, quant à elle, le chiffre de « 915 dossiers d'adoption en cours de traitement au service de l'adoption internationale ».

La mise au point du ministre des Affaire étrangères de l'époque, Bernard Kouchner, n'avait pas tardé. « Il y a exactement 904 dossiers d'adoption enregistrés par le service de l'adoption et deux tiers de ces procédures sont des procédures individuelles. Et 276 sont au stade du jugement. » Ce sont précisément ces 276 enfants qui ont été rapatriés en France.

Pour Séverine Umark, ces enfants sont en France certes « mais ne bénéficient toujours pas de papiers d'identité français et se retrouvent de ce fait en situation irrégulière ».

Depuis le séisme en Haïti, son dossier d'adoption est gelé

(L'Union Marne) REIMS (Marne). La Rémoise Séverine Umark, comme 40 autres familles en France, voit son dossier d'adoption «gelé» par le Quai d'Orsay depuis le séisme en Haïti. Elle exige des réponses.

LES traits de cette femme ne sont pas tirés, sa détermination est intacte. Et sa lutte continue. Pourtant la Rémoise Séverine Umark doit faire face à l'inertie de certains services du ministère français des Affaires étrangères.

Son histoire débute en novembre 2009 lorsqu'elle reçoit l'agrément, une autorisation qui lui donne la possibilité de se rapprocher d'une institution en vue d'adopter.

Les mois précédents, Séverine a collecté des tonnes d'informations pour adopter à l'étranger. « Le même nom revenait sans cesse, celui d'une crèche à Haïti, la Maison des Anges. »

Sa décision était prise, elle allait entamer des démarches pour adopter un ou une petite Haïtienne.

Projet d'association

Personne n'a pu échapper à cette terrible nouvelle, le 12 janvier 2010, un tremblement de terre anéantissait le pays et tuait des dizaines de milliers de personnes. « Aucun des 80 enfants de la crèche n'a été tué », précise Séverine Umark. Cependant, cet événement va considérablement compliquer ses démarches.

« Mon jugement d'adoption a été rendu et légalisé certes mais il nous manque toujours une autorisation du Quai d'Orsay, notamment au niveau des visas pour que la situation évolue dans le bon sens. Aujourd'hui, nous sommes toujours suspendus à la décision du ministère. C'est trop long. »

Plus de quarante familles en France se retrouvent dans la même situation que Séverine Umark. L'ensemble de ces adoptants entrent alors en contact. Une association devrait voir le jour dans les jours prochains « pour faire pression sur le ministère des Affaires étrangères », explique Karine Malezieux, une autre adoptante.

Manif au Quai d'Orsay

Un cas dans la Marne (à Reims), une autre dans le département des Ardennes, quasiment toutes les régions de France détiennent « leur cas en souffrance ».

Les événements avaient commencé sous la responsabilité du ministre Kouchner. Ils avaient continué sous Alliot-Marie.

Qu'en sera-t-il durant l'ère Juppé ? Séverine Umark, si elle refuse de baisser les bras, ne se montre pas très optimiste.

« Il y a quelques jours de cela, les parents dans ma situation ont été contactés par le ministère. En somme, on nous a demandé de penser à nous tourner vers d'autres pays pour adopter. Parce que, visiblement, la situation et les relations entre la France et Haïti au sujet des adoptions ne sont pas au beau fixe. » Le 27 avril prochain, Séverine et les autres adoptants seront sous les grilles du ministère des Affaires étrangères pour montrer leur détermination et leur colère.

À moins que le tout frais ministre installé au Quai d'Orsay ne fasse évoluer la situation.


Outils personnels