l.com pour

* Financi

2011.05.09 La scolarité des enfants adoptés

(L'Est Républicain) L’association Enfance et familles d’adoption invitait, hier, les parents à se retrouver et à évoquer un problème parfois compliqué.

LA QUESTION de la scolarité est importante pour tout parent, dans les familles adoptives, cela prend encore une autre dimension. Hier après-midi, à l’issue de son assemblée générale, l’association Enfance et familles d’adoption (25, 70 et 90) proposait une conférence-débat sur le thème : « La scolarité et ses difficultés » animée par Claire Tridon et Cécile Février.

Claire Tridon, de la fédération Enfance et familles d’adoption, sait de quoi elle parle, elle a elle-même adopté trois enfants : « Quand ils ont appris que j’allais intervenir sur la scolarité, ils ont dit : eh ben dis donc, tu vas en avoir à raconter avec nous ! ». Ah les chenapans, ils savent bien qu’ils donnent du fil à retordre. Les parents se retrouvent parfois devant un problème à plusieurs inconnues.

Claire Tridon évoque cependant une enquête menée en 2005 auprès d’un millier d’enfants, adoptés pour les uns, biologiques pour les autres : « La question était de savoir si les enfants adoptés avaient particulièrement plus de difficultés que les autres. Si on prend en compte la population française, on s’aperçoit qu’ils sont dans la moyenne. Mais ce sont plutôt les milieux socioculturels élevés qui adoptent et, en général, dans ces milieux les résultats scolaires sont supérieurs à la moyenne. Là, les écarts se creusent avec les enfants adoptés ».

Prendre le temps

Pour Claire Tridon, ces enfants « n’ont pas forcément plus de difficultés mais des parcours plus longs ». Elle constate qu’il est difficile de se faire entendre de l’Éducation nationale à ce propos mais recommande tout de même aux parents de savoir prendre le temps : « Il ne faut pas chercher à scolariser les enfants trop tôt, quand ils arrivent à 6 ou 7 ans, ils sont souvent angoissés. Lorsqu’ils se sentent un peu plus sécurisés, ils entrent mieux en apprentissage ».

Cécile Février a été adoptée lorsqu’elle était enfant, aujourd’hui elle est présidente de La voix des adoptés, et par ailleurs psychologue : « Il faut tenter de comprendre ce qui se joue chez l’enfant en lien avec son histoire. La question de l’estime de soi est une variable importante, on peut parfois observer un certain déficit dans ce domaine. Il faut être là pour comprendre d’où cela vient et pourquoi, ne pas juger l’enfant ».

Claire Tridon rappelle au passage que les attentes des parents ne doivent pas être démesurées et qu’il faut prendre le temps d’explorer des voies détournées.

Les enfants peuvent être placés dans des conditions très compliquées. La couleur de leur peau peut renvoyer à un autre pays mais leur vie est ici et ils n’ont pas forcément envie de déballer toute leur histoire.

Cécile Février observe : « Enfants, parents et enseignants doivent trouver un juste milieu, prendre en compte la question de l’adoption sans stigmatiser ».

Dans les faits, chacun se débrouille avec les moyens du bord et comme dans les dictées compliquées, difficile de faire un sans faute.


Outils personnels