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2011.05.21 Parce que tout enfant a droit à une famille

(Le Nouvelliste) (Trois-Rivières) Les futurs parents ne désirent qu'une chose pour leur enfant en route et combien espéré: qu'il naisse et grandisse en santé.

Qui ne se souvient pas de ce premier regard échangé avec bébé, lorsqu'on s'amuse à recompter ses dix doigts, à répéter qu'il a les yeux de sa mère et la bouche de son père? Aucun doute, ce nouveau-né est la huitième merveille du monde.

Plus rarement croise-t-on des personnes qui ont choisi d'offrir une famille à des enfants qui ont une déficience intellectuelle, un handicap physique ou des problèmes de santé importants. Sans oublier les bébés dits «boîtes à surprises»… Ils sont nés de mères toxicomanes, porteuses du VIH, ils ont été négligés, maltraités, etc. Ce passé laisse inévitablement des traces qui peuvent apparaître à tout moment.

Qu'à cela ne tienne, ces couples décident d'ouvrir leurs bras et leur coeur. Ça s'appelle l'adoption ou l'amour sans rien demander en retour.

Karine Tremblay et Patrice Paradis sont les parents biologiques de Marjolaine et Maëlle, âgées respectivement de 11 et 9 ans.

Ce sont des filles ravissantes, épanouies, qui jouent au soccer, lisent les aventures de Géronimo Stilton, mais qui, surtout, ont déjà compris que leurs petites soeurs auraient pu être privées d'un clan comme le leur.

Nous voici donc devant Élizabeth*, 4 ans, et Rose*, 3 ans. L'une adore déambuler dans le salon avec les souliers à talons hauts de sa mère. L'autre ne se fait pas prier pour entreprendre un casse-tête mettant Buzz et Woody en vedettes.

Le couple de Trois-Rivières a toujours voulu une famille nombreuse. Il ferait quatre enfants et en adopterait un cinquième. Or, après deux grossesses marquées par de fortes nausées, le plan de match a été revu.

Karine et Patrice se sont d'abord inscrits au programme banque mixte des Centres jeunesse du Québec.

«Je ne voulais pas un bébé rose. J'étais consciente qu'un enfant qui est placé a un bagage de difficultés», relate Mme Tremblay avant de reconnaître que ce type de décision n'est jamais pris à la légère. Ses deux grandes filles allaient bien. Est-ce que le fait d'adopter un enfant avec diverses difficultés ou issu d'un passé trouble risquait de nuire à la dynamique familiale déjà bien établie?

La question est légitime. La réponse s'appelle Élizabeth. La fillette ne présente pas d'incapacité physique, psychique ou intellectuelle. Un juge de la Chambre de la jeunesse a cependant conclu que ses parents biologiques n'avaient pas les aptitudes pour assurer les soins et l'éducation de l'enfant.

Élizabeth est un moulin à paroles, qui sait charmer et faire le clown en même temps. Parfois, elle est aussi un dragon qui se cache sous une robe de princesse. L'autre soir, elle refusait catégoriquement d'aller au lit, quitte à fulminer en présence de l'invitée.

Le couple sourit. Patient, compréhensif et aimant. L'enfant qui hérite d'une histoire compliquée avant même de voir le jour présente souvent un trouble de l'opposition. En adoptant Élizabeth, ses parents veulent justement l'aider à modifier le cours de son existence. Entre une crise et un câlin, la confiance règne.

Lorsque Patrice et Karine ont de nouveau été relancés pour accueillir Rose, ils ont d'abord refusé. «On savait que sa mère avait consommé…», expose Mme Tremblay avant de mentionner que la liste des troubles liés au syndrome d'alcoolisme foetal est longue et peut sembler «épeurante», pour reprendre ses propos.

Soutenus dans leurs démarches par l'Association Emmanuel (voir deuxième texte), les Trifluviens ont finalement dit oui à Rose. «Elle était mini, une petite boule abandonnée et vulnérable. Tout ce dont elle avait besoin, c'est nous», raconte Mme Tremblay.

Karine et Patrice craquent pour les sourires de leur fillette, mais apprivoisent aussi avec elle les difficultés qui n'apparaissent jamais toutes à la fois. N'empêche.

N'adopte pas qui veut des enfants handicapés. L'ouverture à l'inconnu et, bien entendu, l'amour inconditionnel, sont en tête des exigences requises à ceux et celles qui souhaitent se porter volontaires.

«Je regarde souvent Rose et je lui dis: quand je pense que j'ai eu peur de t'accepter dans ma vie», aime rappeler Mme Tremblay alors que la bambine s'amuse à remettre dans l'ordre toutes les pièces de son casse-tête.

*Les prénoms des fillettes ont été changés à la demande des parents.


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