2011.06.01 Scandale à la pouponnière de Bamako

(RFI) Au Mali, la pouponnière de Bamako est au cœur d'un scandale. La directrice de cet établissement, qui accueille des petits enfants abandonnés de 0 à 4 ans, vient d'être déférée à la prison des femmes de Bollé. Elle est accusée d'acte de négligences qui auraient provoqué la mort de 33 bébés entre aout 2010 et février 2011. Une affaire qui fait grand bruit dans la capitale malienne.

La directrice de la pouponnière de Bamako a été arrêtée le 26 mai par la brigade des mœurs. Depuis plusieurs semaines, ce service mène l'enquête sur la mort suspecte de 33 bébés entre aout et février dernier. Dans un rapport du 17 février, publié dans la presse malienne, la brigade des mœurs note tous les manquements au bon traitement des enfants : des nourrissons nourris seulement de riz, des bébés qui ne portent ni couche ni habit adapté à la saison, un manque de soins et d'hygiène.

Lundi, madame Diallo Aminata Keita a été placée en détention dans le centre pour femmes de Bollé. Selon une source judiciaire malienne, la directrice aura à répondre d'accusation d'actes de négligence mais aussi de faux et usages de faux et de détournement d’argent. La pouponnière dépend de la direction nationale de la promotion de l'enfance et de la famille. Elle vit notamment de dons versés par des associations spécialisées dans l'adoption. Des associations basées en France notamment.

A lire les nombreux témoignages sur les forums de familles adoptantes, la pouponnière de Bamako avait jusque là bonne réputation. A Bamako au plus haut niveau de l'Etat on cherche à minimiser les accusations. Le site internet de la primature reproduit le 4 avril dernier un article de l'Essor qui s'interroge : « La pouponnière serait-elle victime d'accusations injustes ? ». La réponse devra se faire devant la justice.


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