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2012.02.11 Nouvelle-Calédonie : Pas d’enfants à adopter

(Les Nouvelles Calédoniennes) Depuis deux ans, les familles en attente de l’adoption d’un enfant sur le Caillou ont peu de chance de voir leur projet se réaliser. Un seul enfant est né au secret en vue d’une adoption.

Les projets d’adoption n’aboutissent plus depuis deux ans. Les futurs parents sont bien là et dûment agrémentés, mais pas les enfants. « Il n’y a pas eu de naissance au secret, sauf une, depuis deux ans, ouverte à l’adoption », indique Denis Bréant, chef du service enfance-famille à la province Sud. Une telle situation ne s’était jamais produite auparavant. Et les services de l’enfance sont bien en peine de fournir une explication. « Il y a des suppositions possibles, mais rien ne permet de donner une explication, répond Denis Bréant. On peut, par exemple, penser à une amélioration de la contraception, mais il n’y a pas eu de changement radical en deux ans. »

Attente. Aujourd’hui, le service enfance-famille, ne peut que conseiller aux futurs parents de se tourner vers l’adoption internationale. Là s’ouvre un autre chemin, où il revient aux parents de s’orienter eux-mêmes. « Ils peuvent s’appuyer sur l’Afa (Agence française de l’adoption), souligne Denis Bréant. On peut donner quelques adresses, mais ce n’est pas à nous de porter les dossiers. Notre rôle, c’est de délivrer l’agrément. » Pauline (*) et son mari ont obtenu leur agrément d’adoption en août 2010, après avoir entamé les démarches au mois de janvier précédant. Ils viennent d’apprendre que, depuis, il n’y a pas eu de naissance d’enfants sous x. « Parce qu’on a demandé un rendez-vous, on vient de nous dire de penser à une adoption internationale. Aujourd’hui, on a l’impression d’avoir perdu plus d’un an et demi », avoue Pauline, 38 ans, qui lors de l’obtention de son agrément s’attendait à une attente de trois ans environ.

Discuter. L’agrément délivré par le service enfant-famille est heureusement valable pour une adoption internationale. Mais l’attente va recommencer à zéro. Et le couple défriche seulement les procédures et les pays où ils pourraient adopter : la Colombie, Tahiti, un autre pays ? L’adoption internationale est notamment encadrée par la convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection de l’enfant et la coopération entre les pays signataires.

« On n’a pas entamé de démarche internationale en même temps que notre projet d’adoption ici, parce qu’on ne voulait pas que ça le desserve, explique Pauline qui s’est depuis rendu compte que cela n’a pas d’incidence. En plus, à ce moment-là, les témoignages qu’on a pu avoir étaient tous très confiants. On nous disait que l’adoption allait assez vite. » Même si en terme d’adoption, le temps est tout relatif. En quête de renseignements et de conseils, ce couple ressent un certain manque d’accompagnement autre qu’administratif dans son projet d’adoption. « Nous, ce qu’on souhaiterait, c’est une espèce de cellule regroupant les familles qui viennent d’avoir leur agrément, où faire le point et discuter », soulève Pauline. Rien de tel n’existe aujourd’hui sur le Caillou.

(*) Prénom d’emprunt.

L’agrément

Les parents ayant un projet d’adoption doivent adresser un courrier au président de la province Sud, en y indiquant leur souhait d’entreprendre les démarches en vue de l’obtention d’un agrément. Le service enfance/-famille de la Dpass leur répond par courrier en expliquant les démarches à accomplir et les différentes étapes de la procédure. Service enfance- famille : 24 25 90.

Témoignage

« C’est un moment très très fort »

Depuis peu, la famille de Morgane s’est agrandie d’un petit bout de chou adopté en Colombie. Sa maman revient sur son parcours et veut casser quelques idées reçues, dont celle du parcours du combattant systématique. « C’est vrai que l’adoption, c’est long. Le premier dossier afin d’obtenir l’agrément prend à peu près neuf mois. C’est normal que l’assistante sociale et le psychologue viennent. Et c’est vraiment très important de passer par la voie légale. Quand votre enfant arrive, vous êtes sûr qu’il n’a pas été enlevé et vous pouvez le regarder dans les yeux en lui disant : “Je ne t’ai pas acheté”. » Morgane - qui dit avoir été très bien accompagnée par l’Agence française de l’adoption et des associations comme l’Apaec (Association de parents adoptifs d’enfants colombiens) et Carinitos - est passée par l’ICBF, l’Institut colombien du bien-être des familles. « Il y a une première semaine de rencontre avec l’enfant pendant laquelle l’ICBF observe comment se fait le contact entre nous. L’enfant nous est ensuite confié pendant une semaine. C’est un moment très très fort. On nous donne tous les renseignements sur lui. A la fin des sept jours, il y a un rendez-vous dit d’intégration, l’ICBF voit comment nous et l’enfant réagissons. Et à partir de là, il nous dit si c’est bon, et la démarche juridique d’adoption est finalisée. » Morgane indique qu’il faut compter un mois et demi sur place en Colombie. Les seules difficultés rencontrées par la famille ont plutôt surgi au retour. « Le tribunal de Nouméa a été parfait. Par contre, à la mairie, la procédure d’adoption n’est pas forcément connue, et on nous a demandé de justifier pourquoi on voulait telle légalisation de documents ou telle apostille. » Morgane prévient aussi les parents de ses difficultés rencontrées avec les visas de son enfant en arrivant en Australie, puis sur le Caillou.


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