l.com pour

* Financi

2012.05.01 Adopter un enfant en Grande-Bretagne, mode d’emploi

(Mamans à Laondres) Si vous résidez en Grande-Bretagne et décidez d’entamer une procédure d’adoption, il faudra vous plier à la loi britannique. Décryptage de la procédure anglaise.

Adoption mode d’emploi

« Il nous a fallu 2 ans et demi pour devenir parents, explique Steve, père adoptif de Lottie, 3 ans. Deux ans et demi de réunions, d’entretiens et de visites pour un rêve enfin exhaucé : celui d’être parents. L’aventure de l’adoption pour Steve et Claire a commencé par un premier rendez-vous avec le service social de l’équivalent de la mairie de leur quartier. « On nous a demandé de participer une fois par semaine à des discussions de groupe pour nous familiariser avec l’adoption et tout ce que ça implique et d’écouter des personnes qui avaient adopté », poursuit Steve. Puis Claire et lui ont dû se plier à une série de longs entretiens réguliers avant de passer devant une commission officielle, le Adoption Approval Panel. « Suite à ce dernier entretien, notre demande a été approuvée et on nous a inscrits sur le Adoption Register. Nous étions enfin prêts à accueillir un enfant », raconte Steve. La procédure d’agrémentation ne s’est pas limitée aux entretiens. « Bien sûr, nous avons aussi dû passer des examens de santé, nos casiers judiciaires ont été vérifiés, notre appartement plusieurs fois visité et nos finances passées au peigne fin. Tout cela pour vérifier que l’enfant ne manquera matériellement de rien », ajoute Steve.

Des ressources humaines parfois incompétentes

A la procédure officielle se greffe le facteur humain. Et malheureusement Steve et Claire se plaignent de ne pas toujours avoir eu affaire à des assistants sociaux compétents. A cause d’erreurs humaines, ils ont d’ailleurs dû recommencer la procédure une deuxième fois. « Cependant, nous avons aussi rencontré des personnes aux qualités humaines exceptionnelles. La manière dont nous avons été mis en contact avec notre future fille a été très bien orchestrée malgré la nature particulièrement émotionnelle d’une telle rencontre », explique Steve. Même si ce dernier qualifie le système britannique de minutieux, il déplore toutefois d’avoir été confronté à des incapables ou à des assistants sociaux complètement surchargés de travail. « Les ressources documentaires semblaient peu précises et il était parfois difficile d’obtenir des informations précises sur l’ensemble du processus », poursuit Steve. Toutefois, dès l’obtention de leur agrément, les démarches pour trouver Lottie ont été effectuées par un autre service, à l’échelle nationale. Steve et Claire ont été agréablement surpris par le professionalisme des assistants sociaux : « Quand nous avons été mis en contact avec du personnel compétent, tout est devenu plus facile, compréhensible et fluide. Ce sont les invidus qui font qu’un système marche », conclut Steve.

De nouvelles directives pour faciliter l’adoption

C’est d’ailleurs aux individus que les dernières directives du gouvernement a décidé de s’adresser pour rendre la procédure d’adoption plus facile. Partant du constat que, chaque année, environ 4 000 enfants attendent d’être adoptés – près de 4 fois plus qu’en France – et alarmé par le fait que 60 enfants seulement ont été adoptés en 2010/2011, l’Etat britannique a décidé de réformer notamment le recrutement des assistants sociaux, leur formation et le processus d’acquisition de l’agrément. Jusqu’en 2011, les services sociaux mettaient en effet beaucoup de zèle à faire « coïncider » les origines ethniques ou religieuses des enfants avec celles des familles adoptantes. Trouver la « bonne » famille pour le « bon » enfant finissait par ressembler à un casse-tête chinois. Un zèle qui expliquerait en grande partie le nombre si élevé d’enfants en attente d’adoption.

Malgré ses faiblesses humaines, le système est rapidement en train d’évoluer grâce aux nouvelles directives qui viennent d’être mises en place et présente quelques avantages par rapport au système français : les couples homosexuels ont le droit d’adopter depuis 2005 et la limite d’âge des adultes qui souhaitent entamer une procédure d’adoption n’est pas 28 ans mais 21. Surtout, la Grande-Bretagne regorge toujours d’enfants qui cherchent un foyer.

Un site incontournable pour tout savoir sur l’adoption au Royaume-Uni : http://www.adoptionuk.org/


Outils personnels