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2012.06.07 Appel à l’inversion de la tendance à la hausse des taux d’adoption en Afrique

(IRIN, nouvelles et analyses humanitaires, un service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies) ADDIS ABEBA, 7 juin 2012 (IRIN) - Le nombre d’enfants africains adoptés par des personnes vivant sur d’autres continents atteint des niveaux records. Des spécialistes, des militants, de hauts fonctionnaires et des universitaires ont appelé à enrayer cette tendance et signalé que l’adoption était trop souvent motivée par l’appât financier plutôt que par la recherche du meilleur intérêt des enfants concernés.

De 2003 à 2011, par exemple, au moins 41 000 enfants africains ont été confiés à l’adoption hors du continent, selon une étude de l’African Child Policy Forum (ACPF) intitulée L’Afrique : Une nouvelle frontière pour l’adoption internationale.

« Les intérêts commerciaux ont remplacé l’altruisme, en faisant des enfants la matière première de ce monde de plus en plus sombre et immoral qu’engendre l’adoption internationale », est-il écrit dans un autre rapport de l’ACPF, intitulé L’adoption internationale du point de vue africain.

Selon l’ACPF, pour la seule année 2010, quelque 6 000 enfants africains ont été adoptés à l’étranger, soit une multiplication par près de trois en seulement sept ans. Or, à l’échelle mondiale, les chiffres de l’adoption ont atteint leur niveau le plus bas en 15 ans.

Les participants à la cinquième Conférence internationale sur la politique africaine de l’enfance, qui s’est tenue à la fin mai à Addis Abeba, ont appelé à « inverser la tendance actuelle qui fait de l’adoption internationale une protection de remplacement facile et de confortable en Afrique, et à permettre en priorité à tous les enfants en Afrique de rester auprès de leur famille et de leur communauté ». L’adoption internationale ne doit avoir lieu que « lorsqu’il n’existe aucune protection familiale de remplacement dans leur pays d’origine et, dans le respect de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, elle ne doit être utilisée qu’en dernier recours », ont déclaré les participants dans un communiqué.

Ils se sont également inquiété de ce que « les enfants [sont] parfois mis à l’adoption internationale par des moyens tels que la manipulation, la falsification et d’autres moyens illégaux destinés à sécuriser des gains financiers » et de « l’existence, dans certains cas, de pressions internes et externes qui s’exercent sur les familles et sur les gouvernements afin de rendre leurs enfants disponibles à l’adoption internationale ».

Selon l’ACPF, le nombre d’adoptions d’enfants africains a augmenté de près de 300 pour cent au cours des huit dernières années en raison de la suspension ou de la limitation de l’adoption internationale en provenance de pays qui en étaient traditionnellement la source. C’est pourquoi les pays d’accueil, les États-Unis en tête, se tournent massivement vers l’Afrique pour répondre à leurs besoins en matière d’adoption.

L’argent : un facteur clé

« L’argent ne détermine pas seulement la façon dont ces adoptions sont réalisées, mais aussi les raisons pour lesquelles beaucoup sont initiées. L’argent n’est pas seulement un enjeu important, il est le facteur clé auquel on doit s’attaquer pour que les droits de l’homme, en regard de l’adoption internationale des enfants africains, soient efficacement protégés », est-il écrit dans le rapport intitulé L’adoption internationale du point de vue africain.

Ce rapport note que de nombreux orphelinats africains ont été créés dans un but lucratif et reçoivent jusqu’à 30 000 dollars par enfant adopté de la part des parents adoptifs.

La Convention de La Haye de 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale stipule que l’adoption internationale ne devrait être pratiquée qu’en dernier ressort. Or, seuls 13 pays africains ont ratifié cette convention et, mise à part l’Afrique du Sud, aucun d’entre eux ne fait partie des cinq pays plaçant le plus d’enfants à l’adoption (Éthiopie, Nigeria, République démocratique du Congo, Afrique du Sud et Mali).

Les participants à la conférence d’Addis Abeba ont appelé le reste des États africains à harmoniser leur législation nationale avec les instruments internationaux de droits de l’homme et à mettre en place un système complet de protection de l’enfance.

« Nous avons beaucoup de travail à faire malgré nos récents progrès en matière de droits de l’enfant. Mais le gouvernement ne doit pas régler ce problème tout seul. Toutes les institutions concernées doivent participer à l’effort », a dit Bizunesh Taddesse, ministre éthiopienne des Affaires relatives aux femmes, aux enfants et aux jeunes.

En 2010, l’Éthiopie était le deuxième pays d’origine d’enfants adoptés à l’étranger après la Chine. Les neuf autres principaux pays africains d’origine en 2009 et 2010 étaient le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo (RDC), le Ghana, le Mali, le Maroc, le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Ouganda.


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