Diarrhées chroniques

source : Le blog de l'adoption, JV de Monléeon

Les diarrhées sont extrêmement fréquentes chez les enfants adoptés et peuvent devenir chroniques.

La première cause (et de loin) est la présence de parasites intestinaux.
Ils sont très fréquents, presque obligatoires et ce quelque soit le pays d’origine. Ils ne sont pas toujours identifiés par les laboratoires français qui n’ont pas l’habitude de telles bestioles.
Il ne faut pas hésiter à traiter même si rien n’a été identifié. Les traitements ne sont pas dangereux et peuvent bien soulager. La deuxième cause est l’intolérance au lactose, très fréquente en particulier chez les petits africains et les petits asiatiques. Il s’agit d’une incapacité à digérer ce sucre trouvé essentiellement dans le lait. Cela peut être entretenu par une parasitose, c’est le plus souvent transitoire et cela passe au bout de quelques semaines ou quelques mois, mais cela peut aussi durer plus longtemps.
Il ne faut pas se contenter des explications trop souvent fournies, “c'est le changement de régime alimentaire” ou “c'est parce qu'il mange trop”. Non, non et non, avant tout toujours penser aux parasites et tout faire pour les éliminer.

Voici la marche à suivre que je conseille.

1 – Faire réaliser un examen de Parasitologie des selles, en faire au moins trois répartis sur 10 jours en amenant à chaque fois les selles les plus fraiches possibles au laboratoire. En privilégiant un gros laboratoire, plutôt que le labo de quartier qui ne voit de telles bestioles que tout les 36 du mois. L’idéal ce sont les services de parasitologie que l’on trouve dans les CHU.

2 - Une fois ces examens faits, et sans en attendre le résultat il faut traiter :
- Fluvermal 1 cuillère à café matin et soir pendant 3 jours
- et Flagyl : 40 mg par kilo et par jour pendant 5 jours

3- Si cela persiste refaire une nouvelle série de parasitologies au bout d’un à deux mois, et refaire non pas une fois mais deux fois le traitement déjà décrit en laissant 15 jours entre les deux cures.

4- en cas de persistance il faut envisager l’intolérance au lactose. Les tests pour objectiver cette anomalie sont à mon avis peu fiables et d’utilité modérée.
Il faut arrêter toute alimentation lactée pendant un mois et voir ce qui se passe. Le lait doit être remplacé par un lait sans lactose pour nourrissons que l’on trouvera en pharmacie ou par du lait de soja pour nourrissons (voir la note plus bas sur les laits de soja). Les yaourts et les fromages peuvent être continués car le lactose y est digéré par la fermentation (qui a transformée le lait en yaourts ou fromage).
Si cela s’améliore au bout d’un, deux ou trois mois, on peut tenter de réintroduire petit à petit du lactose.

5- en cas de persistance, il faut envisager les autres causses de diarrhées chroniques qui sont aussi fréquentes chez les petits gaulois que chez les petits adoptés : allergie au protéines du lait de vache, maladie coeliaque, etc… maladies que tous les pédiatres connaissent bien.

Les produits parfois donnés pour des diarrhées en France n’ont jamais véritablement fait preuve de leur efficacité dans ces « diarrhées françaises bien gentilles » ils sont encore moins efficace sur les diarrhées tropicales, donc ce n’est pas la peine d’en gaver vos petits.

Les laits à la mode : amande, châtaigne, noisette et j’en passe ne sont absolument pas adaptés à l’alimentation d’un nourrisson ils ont pour principal intérêt d’enrichir leur prescripteur et leurs fabricants. Je préfère les proscrire.

Il y a lait de soja et lait de soja. Ceux que l’on trouve au rayon bébé, fabriqués par les grandes marques de nutrition infantile (Guigoz, Gallia Nestlé, etc) correspondent à une alimentation équilibrée pour un nourrisson. Ce que l’on trouve au rayon diététique sont plus proches de l’eau que du lait par leurs qualités diététiques (quantité de protéines, de calories, de calcium) comme les laits à la mode précédemment décrits ils peuvent être dangereux. Les enfants ont aussi besoin de calories pour reconstituer leur tube digestif abimé et entre autres défauts ces produits n’en amènent pas assez.


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