La gale

La gale est une maladie cutanée parasitaire, bénigne et très contagieuse. Les enfants soumis à une mauvaise hygiène y sont particulièrement exposés. La gale est une maladie uniquement cutanée. Elle se manifeste essentiellement par un prurit (besoin de se gratter). Ce prurit est permanent mais accentué la nuit, il peut manquer chez le nourrisson qui présente une gale. 1)


Les symptômes

  • Démangeaison intense partout sur le corps (sauf le visage) et surtout la nuit.
  • Apparitions de minuscules sillons cutanés en relief (quelques millimètres de long), qui correspondent à la progression du parasite sous la peau (lésion caractéristique, mais pas toujours présente).
  • Eruptions cutanées diverses (urticaire, eczéma, cloques, boutons, etc.) aux aisselles, poignets, mamelons, fesses et organes génitaux, liées à la ponte des œufs des acariens qui peut entraîner une réaction allergique à distance. 2)



La transmission de la gale

La gale est très contagieuse. La transmission se fait essentiellement par l'intermédiaire des femelles qui ont été fertilisées et ont pondu sur une personne qui passe les œufs à une autre. La transmission de la gale peut également se faire par l'intermédiaire des vêtements ou d'une literie contaminée. Ce sont donc essentiellement la promiscuité et le manque d'hygiène, mais pas uniquement qui favorisent la dissémination de la gale.

Les traitements

Le patient doit être traité, ainsi que les personnes de son entourage proche, même en l'absence de signes cliniques.

Les vêtements et la literie devront être lavés à 60°C, voire à l'eau bouillante.

Les vêtements et objets non lavables (oreillers, matelas, coussins etc), devront être traités avec un désinfectant antiparasitaire sous forme d'aérosol. (A-Par, par exemple, qui est un produit à base de pyréthrine). 3)

Il existe un traitement efficace : l’ivermectine (STROMECTOL). Il convient également de traiter les autres membres de la famille et de prévoir un traitement désinfectant de l’environnement, notamment vêtements, literie par une bombe aérosol (par exemple APAR). Ce traitement est contre-indiqué chez la femme enceinte, ou allaitant et l’enfant de moins de 15 kg. Toutefois sous contrôle médical, un nourrisson de moins de 15 kg peut prendre du sromectol en calculant les doses en fonction de son poids. 4)

La perméthrine, dérivé du pyrèthre, sous forme de crème à 5 % est considérée actuellement comme le produit le plus efficace et le moins toxique. C'est le produit de référence de L'OMS. Il est utilisé en une application, à laisser en place 8 à 14 heures avant de se laver.

Le benzoate de benzyle en lotion (Ascabiol®) est le traitement de référence en France; il est utilisé en application unique, après un bain tiède, sur la peau encore humide. 24 heures après l'application, les vêtements et la literie sont changés, et le produit rincé.

Une autre pyréthrine est également utilisée sous forme d'aérosol, (Sprégal®). Le produit est appliqué puis rincé 12 heures après. En cas d'échec le traitement peut-être renouvelé une semaine plus tard. Ce produit est utilisable chez le nourrisson après 6 mois. Il peut provoquer une irritation cutanée locale. Il est contre-indiqué chez les enfants ayant des antécédents asthmatiques en raison de sa présentation en aérosol.

Le lindane (HCH, Scabecid®), est appliqué 12 heures sur une peau sèche. Il est moins irritant que le benzoate de benzyle, mais un peu moins efficace. Il peut induire des résistances. Ce produit est bon marché, mais possède une toxicité neurologique. Son absorption cutanée peut conduire à des phénomènes toxiques chez l'enfant ou en cas de lésions épidermiques importantes. L'OMS l'a retiré de la liste des médicaments essentiels à cause de sa toxicité. Il est contre-indiqué chez l'enfant de moins de 10 ans et pendant la grossesse et l'allaitement.

Le soufre est le plus ancien traitement de la gale, utilisé en de nombreuses régions du monde. Il est préconisé sous forme de pommade à 6 %. Peu coûteux et moins toxique que le lindane, son efficacité est mal évaluée.

Le crotamiton (Eurax) est un antiprurigineux, il a une action contre le sarcopte, mais son efficacité est plus faible que celle des autres traitements.

Sources

2)
http://sante.aol.fr/guide/article_guide.asp?idarticle=2722&idrubrique=1, Dr Bernard Delisle, Dermatologue, Centre Hospitalier affilié universitaire de Québec, Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 06/09/2001
3)
http://www.devsante.org/IMG/html/doc-10725.html|, Catherine Dupeyron, Biologiste, Hôpital Albert Chenevier, 94010 Créteil, Association Formation permanente Développement et Santé

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